Cette année là, elle venait de perdre des gens qui étaient pourtant si proche d'elle. Elle n'arrivait plus à reconnaître le mot amitié, ni bien même comprendre ce qu'il signifiait. Elle représentait sa vie comme une balance, partagée entre les gens qu'elle aimait. Mais tout a basculé quand le poids de cette amitié là s'est retiré. C'était il y a un an de ça, elle se partageait entre deux garçons. Deux amis dont elle ne pouvait se passer. L'un, atypique et extravagant, quelques peu lunatique. L'autre, discret et réservé, masquant une puissance troublante, presque effrayante. Deux relations totalement différentes, seulement la passion les rapprochées. Avec le premier, c'était entre amitié passionnée et disputes répétées. Comme chien et chat, à la fois proches par leurs différences et hostiles par leurs ressemblances. Avec le second, tout était différent. Entre l'amour et l'amitié, une passion amoureuse platonique, et ardente à la fois. Un désir farouche et réservé. Elle ne savait pas vraiment ce qu'elle voulait, ni se qu'elle ressentait, mais ce qui était sur c'est qu'elle le désirait. Et lui, il n'avait pas peur de le montrer. Jamais ils ne s'échangèrent un baiser, ou n'allèrent plus loin, bien que l'envie était là. Peut-être était ce du respect, ou de la timidité. Il eu des instants seuls, sans un mot, et leur désir qui les tentait, parfois où la tentation trop forte les attisait. Mais, tout est terminé. Ce désir n'est pas rendu, et ne va plus que dans un sens. Bien qu'elle se sentait prête à se remettre à lui, ce qu'il voulait tant. Les sentiments changent. Et il ne lui reste qu'un goût amer de dégout face à elle, peut-être de répugnance. Quant à elle, mêlée entre la rage et ce vieux désir qui la poursuit. Tout a changé. Mais il lui restait une amitié, si vieille et nouvelle à la fois. Elle, partis et revenue, pour une fois encore s'éloigner d'elle, et peut-être ne jamais se retrouver. Des kilomètres et des heures les séparaient. Avec elle, elle n'était pas seule. Elle n'était plus seule. Elles se devinaient, sans besoin de se parler. Elles s'aidaient moralement, mutuellement. Mais elle était partis. Son retour ne serait peut-être qu'une nouvelle déception comme celles qui s'enchainent les jours d'hiver. Elle ne savait plus. Malgré ça, il lui restait le souvenir, qui lui ne s'efface pas.