Il y a d'abord ses gestes. Furtifs, respectueux. Une légère insistance, un rapprochement. Il lève le coude, toujours. Et je suis là, à le regarder faire. Je souris, je fais comme si tout était normal. Puis arrivent des choses. Il ne comprend rien, mais c'est lui qui le veut, lui qui mène la danse, pourtant. Tendre, un mince mélange d'alcools et de cigarettes lui embaume les lèvres. J'aime, j'apprécie ces moments. Parfois immortalisés. Tout est normal. Il revient, nous continuons. Les verres ont continués, pour lui. Ses gestes tendres deviennent beaucoup plus fermes, son touché ça et là de mon dos, mes hanches, puis mes cuisses. C'est comme un rêve, mais ce jour là je pouvais vraiment le toucher, l'embrasser, tant bien qu'il me touchait, m'embrassait comme je le voulais. Mais il y a toujours un moment où le rêve s'achève. Doucement d'abord, brusque ensuite. J'erre dans l'attente, dans l'espoir. Dans le calme qui m'entoure, dans son silence, ainsi que dans le mien. J'ai ces souvenirs dans ma tête, ressassaient sans cesse, ainsi que ces marques sur mon corps qui me rappellent que ces moments ont vraiment existé. Il était là, si proche de moi, son souffle sur ma bouche, ses lèvres dans mon cou. Mes mains dans ses cheveux, mes jambes l'entrelaçant. Mais aujourd'hui, tout ça n'a plus d'importance.