Je suis une amphore, ce genre de vase qui déverse dans le sens inverse. Je crains que la goutte qui me fera déborder arrive. Seulement voilà, la vie est une fatalité et ces choses là arrivent. Je déborde, donc. Je hurle dans ce silence, ma voix s'insère au milieu des non dits. Peu à peu tout tombe, la fatalité fait que le bol se renverse. Mes pensées, mes idées se déversent en une cascade, et se brise en milliers d'infimes parcelles sur les rochers. Mes principes s'écroulent et suivent le même chemin. Tout explose. Aucune retenue, aucune réserve. Fini les convenances, sans modération je brûle ma tempérance, sans pondération, j'avance. J'arrête les interdits et les non dits. Si je dois y mettre le temps, j'écrirai ma volonté. Volonté d'agir comme de divulguer tout ce qui est caché, mauvais ou péché. Le temps de l'ignorance est passé, enfin parti l'innocence de l'adolescence. Ne plus croire en la personne. Ne plus croire en personne. Ni même croire en sa propre personne. Tout induit en erreur, nous sommes tous autant que nous sommes une part de corruption. Nous représentons la subornation de la nation. Pas une personne vaut plus qu'une autre. Pas même par sa tune, par sa beauté, par sa bonté. La morale n'existe pas, elle n'est pas en nous. Aucune vertu ne nous a sauvé de notre statut, surtout pas la vertu de notre chair, peut être est ce la pire, celle qui nous corrompt plus facilement que tout le reste. Mon image de bol en tant que tel est à présent anéantie, se déverse peu à peu ma philosophie, se répand tel un serpent, cependant mon esprit est toujours là, vif à ce qu'il se passe, ma réflexion quoi qu'un peu engourdie arrive toujours à méditation. A ce stade là, vint les confessions, déposition de mes croyances, de mon culte, la proclamation et la reconnaissance de ma conscience. Mes sentiments ont perdu la direction, n'ont plus aucune orientation. Ils voguent entre la haine, l'amour, l'amitié, la jalousie, la passion, la folie, la rage, la fureur. Ces sentiments n'ont plus de destinée, peut être n'en ont ils jamais eu, à la recherche de la personne aimée si près, si proche, à la toucher, mais son adoration envers elle ne trouve cet amour supportable, punition de soi même, c'est la damnation choisie afin de vivre librement, ni blâmes ni critiques, pour voler sans limites. Partir loin des personnes qui vous entourent, qui vous accompagne, qui sont là près de vous physiquement, matériellement, voir charnellement, on se rend compte que seule la solitude vous escorte jusqu'à la camarde, dans votre destruction de vous même elle épousera votre relique pour plonger dans l'oubli. On à beau exister de toutes les manières qu'il soit, en sortant, en profitant, en se protégeant, en épargnant... on est déjà tous un peu mort.
